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Lettre de motivation écrite à la main : encore utile ou totalement dépassée pour les recruteurs

Lettre de motivation écrite à la main : encore utile ou totalement dépassée pour les recruteurs

Lettre de motivation écrite à la main : encore utile ou totalement dépassée pour les recruteurs

Lettre de motivation écrite à la main : où en est-on vraiment en 2025 ?

Entre les candidatures sur mobile, l’IA générative et les entretiens vidéo, la lettre de motivation écrite à la main ressemble à un vestige d’un autre temps. Pourtant, certaines entreprises la demandent encore dans leurs annonces, parfois de manière systématique.

Alors, caprice de recruteur « à l’ancienne » ou réel outil d’évaluation ? Faut-il maintenir cette pratique, l’adapter… ou l’abandonner définitivement ? Et côté candidats, comment réagir lorsqu’on tombe sur cette fameuse mention « lettre manuscrite exigée » ?

Passons en revue les usages actuels, les risques et les alternatives, avec un objectif très opérationnel : vous aider à décider quoi faire demain matin dans vos pratiques de recrutement.

La lettre de motivation manuscrite : ce que disent les pratiques de terrain

Dans les faits, la lettre de motivation écrite à la main a quasiment disparu des grandes entreprises et des cabinets de recrutement, mais elle subsiste encore dans certains contextes :

Sur le terrain, on observe trois grandes situations :

Autrement dit, la lettre manuscrite existe encore, mais son usage est souvent flou, peu objectivé et loin des bonnes pratiques RH modernes.

Pourquoi la lettre manuscrite a été si utilisée… puis progressivement abandonnée

Historiquement, plusieurs arguments ont justifié l’usage de la lettre de motivation écrite à la main.

Les raisons « d’hier » :

Pourquoi ces arguments ne tiennent plus vraiment aujourd’hui ?

Résultat : la plupart des grandes organisations ont abandonné la lettre manuscrite, soit pour des raisons d’efficacité, soit pour des raisons d’image et de conformité juridique.

Demander une lettre manuscrite en 2025 : quels risques pour l’employeur ?

Au-delà du côté « old school », demander une lettre de motivation écrite à la main pose plusieurs questions sérieuses.

1. Risque d’atteinte à l’égalité des chances

Une lettre manuscrite peut désavantager certaines catégories de candidats :

Imposer systématiquement la lettre manuscrite, sans lien direct avec les compétences nécessaires au poste, peut être interprété comme une exigence disproportionnée et potentiellement discriminatoire.

2. Risque juridique autour de la graphologie

Si la lettre manuscrite est utilisée pour une analyse graphologique, plusieurs écueils apparaissent :

Les autorités (ex CNIL en France) ont régulièrement rappelé la vigilance nécessaire autour de ces pratiques.

3. Risque d’atteinte à l’image employeur

Du point de vue marque employeur, la mention « lettre manuscrite exigée » peut envoyer plusieurs signaux négatifs :

Résultat concret : baisse du volume de candidatures, surtout chez les profils qualifiés qui ont le choix.

4. Risque en termes d’efficacité du recrutement

Gérer des lettres manuscrites signifie pour votre équipe RH :

Tandis que les gains réels en qualité de sélection restent très discutables.

Y a-t-il encore des cas où la lettre manuscrite peut avoir du sens ?

En pratique, je vois encore quelques cas spécifiques où la lettre manuscrite peut être utilisée de manière ciblée, mais avec des précautions.

1. Contextes très particuliers et clairement assumés

Par exemple :

Même dans ces cas, la lettre manuscrite ne devrait être qu’un élément parmi d’autres, et jamais le critère principal.

2. Demande optionnelle, et non obligatoire

Plutôt que « lettre manuscrite exigée », on peut envisager :

« Vous pouvez, si vous le souhaitez, joindre une lettre de motivation manuscrite. Elle ne constitue pas un critère éliminatoire. »

On limite ainsi les risques de discrimination et on n’écarte pas d’emblée les candidats pour qui cette démarche serait un frein.

3. Usage ciblé, avec transparence sur l’évaluation

Si vous demandez une lettre manuscrite, explicitez ce que vous allez réellement évaluer :

Et non des éléments « psychologisants » basés sur la forme de la lettre, l’inclinaison de l’écriture ou la pression du stylo.

Côté candidats : que faire si on vous demande encore une lettre manuscrite ?

Pour les candidats, la situation est souvent délicate : faut-il jouer le jeu, ou passer son chemin ?

1. Analyser le contexte

2. Jouer le jeu… mais intelligemment

Si vous décidez de vous y plier :

3. Oser poser la question

Il est tout à fait légitime de demander au recruteur :

« Je vois que vous demandez une lettre manuscrite. Est-ce un critère éliminatoire, ou puis-je vous envoyer une lettre de motivation tapée, plus complète, par mail ? »

La manière dont l’employeur répond vous donnera déjà un aperçu de sa souplesse et de sa culture.

Quelles alternatives modernes à la lettre manuscrite pour les recruteurs ?

Si votre objectif est de mieux évaluer la motivation, la qualité rédactionnelle ou la rigueur, vous avez aujourd’hui des outils beaucoup plus pertinents que la lettre manuscrite.

1. La lettre de motivation structurée… mais numérique

Vous pouvez :

2. Le cas pratique écrit

Pour évaluer à la fois rédaction, structuration et raisonnement, vous pouvez proposer un cas concret, en situation :

La valeur prédictive de ces exercices est largement supérieure à celle d’une lettre manuscrite générique.

3. Les échanges écrits dans le process

Vous pouvez aussi évaluer la qualité de l’écrit à travers :

Faut-il abandonner définitivement la lettre manuscrite dans vos processus ?

Si l’on confronte les « avantages » supposés de la lettre manuscrite aux contraintes actuelles des entreprises (pénurie de candidats, digitalisation, impératifs de conformité), la balance penche clairement.

Les bénéfices réels de la lettre manuscrite sont :

Les inconvénients sont, eux, bien concrets :

Pour la majorité des organisations, la décision la plus cohérente est donc : ne plus exiger de lettre de motivation manuscrite, et concentrer l’évaluation sur des outils à plus forte valeur ajoutée.

Plan d’action : que décider et mettre en place dès maintenant ?

Pour aligner vos pratiques de recrutement avec les enjeux actuels, voici un plan d’action simple en cinq étapes.

1. Faire l’inventaire de vos annonces et process actuels

2. Décider d’une position claire au niveau RH

3. Remplacer la lettre manuscrite par des outils ciblés

En fonction des compétences que vous cherchez à mesurer :

4. Accompagner les managers « attachés au manuscrit »

Ne vous contentez pas de supprimer la mention dans les annonces. Proposez-leur :

5. Mettre à jour vos supports et scripts de communication candidat

Pour gagner du temps, voici quelques formulations prêtes à l’emploi.

a) Phrase à intégrer dans vos offres, si vous abandonnez le manuscrit

« Nous ne demandons pas de lettre de motivation manuscrite. En revanche, merci de répondre en quelques lignes aux questions suivantes dans votre mail ou dans le formulaire de candidature… »

b) Script de réponse à un manager qui réclame encore une lettre manuscrite

« On peut tout à fait continuer à évaluer la motivation et la rigueur, mais avec des outils plus fiables et moins risqués pour l’entreprise. Je vous propose qu’on remplace la lettre manuscrite par un cas pratique écrit et 3 questions ciblées. On garde l’esprit de ce que vous recherchez, mais avec une méthode plus moderne et conforme. »

c) Script de réponse à un candidat qui vous demande si la lettre manuscrite est obligatoire

« Non, nous ne demandons plus de lettre manuscrite. En revanche, nous attachons de l’importance à la qualité de l’expression écrite. Merci de nous expliquer en 10 à 15 lignes pourquoi vous postulez à ce poste et ce que vous pensez apporter à l’équipe. »

En clarifiant votre position et en mettant en place des alternatives concrètes, vous gagnez sur tous les tableaux : expérience candidat, efficacité du processus, image employeur… et sérénité juridique.

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